No Direction Home

« Bob Dylan ne donnait pas tant l’impression de se tenir à un tournant décisif de l’espace-temps culturel que d’être ce tournant décisif. Comme si la civilisation avait pu évoluer à son gré, ou même au gré de sa fantaisie […]. »
Greil Marcus, La République Invisible

Utiliser les termes de chanteur ou guitariste pour évoquer Bob Dylan serait comme qualifier Mozart de pianiste.

C’est au son de la musique traditionnelle de l’Amérique profonde que Dylan a effectué son éveil musical dans les années 50. Et c’est guitare folk à la main et harmonica aux lèvres, qu’il connut ses premiers succès, pleinement ancrés dans les influences folk, country et blues qu’il avait reçues.

Song to Woody en est la preuve.

Dylan, considéré comme un musicien, un poète voir même un prophète, a, par son influence, largement dépassé le cadre de la musique.
Alors que la guerre du Vietnam fait rage, son engagement politique sous fond de contre culture s’est retranscrit dans ses compositions. Alors que certains morceaux dénonçaient explicitement les troubles de la société américaine, comme Ballad of a Thin Man, Masters of War ou encore Desolation Row (contre les maltraitances faites aux noirs), d’autres comme Times they are a changin ou Blowin in the Wind sont devenus des hymnes anti-guerre.

Sa tendance à se reconvertir tant sur le plan personnel que musical l’a amené à s’engager dans des registres différents. Cela lui valut, entre autres, les huées de ses propres fans au Newport Jazz Festival de 1965 lorsqu’il troqua pour la première fois sa Martin acoustique pour une Fender Stratocaster (électrique). Ce passage du folk au rock déchaîna les critiques, troubla les esprits, mais lui permit de conquérir de nouveaux fans.


Le chemin de Dylan a croisé celui des plus grands, de Joan Baez aux Beatles en passant par Clapton, avec qui il a joué. Plusieurs de ses morceaux ont été rendus cultes par d’autres géants de la musique tels que Jimy Hendrix (All along the watchtower), The Byrds (Mr Tambourine Man) ou Gun’N Roses (Knocking on Heaven’s Door).

Petit retour aux sources avec les versions originales de Knocking on Heaven’s Door et All along the watchtower  !

On ne peut que vous conseiller l’excellent No Direction Home de Martin Scorsese mais aussi I’m not there de Todd Haynes, qui présentent à merveille les « multiples existences » de ce génie qui reste, par bien des côtés, mystérieux.

#Antoine

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